Un genou qui enfle et plier devient difficile. La douleur inquiète, la gêne aussi. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des gestes simples pour calmer l’inflammation et retrouver de la mobilité. Voici comment identifier la cause, quoi faire rapidement et quand consulter pour éviter les complications.
💡 À retenir
- Reposez le genou, glacez, compressez et surélevez. Limitez l’appui, prenez un antalgique et consultez si la douleur, le blocage ou la fièvre persistent au-delà de 24 à 48 heures.
- Environ 20% des personnes souffrant de douleur au genou sont touchées par un gonflement.
- Les blessures sportives sont une des causes les plus fréquentes de gonflement.
- Un traitement précoce peut réduire le risque de complications à long terme.
Causes du gonflement du genou
Un genou gonflé survient quand un excès de liquide s’accumule dans l’articulation ou autour des bourses et tendons. Cette réaction apparaît après un traumatisme, une irritation mécanique, une poussée inflammatoire ou une infection. Selon la cause, le gonflement peut être brutal, accompagné d’un blocage, ou s’installer progressivement avec raideur.
Les mécanismes les plus fréquents sont l’inflammation des tissus internes, l’irritation de la membrane synoviale, les microfissures du cartilage et, après choc, le saignement intra-articulaire. Chez le sportif, l’effusion arrive souvent après un pivot ou un changement de direction mal contrôlé.
Les blessures courantes
Après une torsion ou un choc direct, le genou peut enfler rapidement. Une entorse des ligaments, notamment du ligament croisé antérieur (LCA), s’accompagne souvent d’un craquement, d’une instabilité et d’un gonflement dans l’heure. Une lésion du ménisque provoque plutôt douleur à la flexion, ressort mécanique et difficulté à tendre ou plier complètement.
Un coup sur la rotule entraîne une contusion et un épanchement parfois sanguin appelé hémarthrose, avec tension douloureuse. Une luxation de la rotule, une fracture ou une entorse du ligament latéral interne provoquent également un gonflement marqué. Les blessures sportives restent l’une des causes les plus fréquentes, notamment au football, au ski ou au basket.
Pathologies sous-jacentes
L’arthrose du genou alterne entre périodes calmes et poussées avec gonflement, raideur et douleurs à la reprise d’appui. Les tendinites et la bursite pré-rotulienne irritent les tissus en avant du genou, surtout chez ceux qui travaillent accroupis ou à genoux.
La goutte et la chondrocalcinose donnent des crises inflammatoires aiguës, très douloureuses et souvent nocturnes. Les maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde peuvent toucher les deux genoux. Plus rarement, une arthrite septique survient avec genou rouge, chaud, fièvre et douleur intense, nécessitant un avis médical urgent. Un kyste poplité (kyste de Baker) peut aussi gonfler l’arrière du genou, avec sensation de tension au mollet.
Symptômes associés
Au-delà du volume augmenté, on observe douleur, sensation de chaleur, rougeur, raideur et perte d’amplitude. Beaucoup décrivent une gêne à la flexion, un craquement ou une impression que le genou lâche. Ces indices aident à orienter vers une entorse, une lésion méniscale, une arthrose ou une inflammation aiguë.
Chez environ 20% des personnes souffrant de douleur au genou, on retrouve un gonflement associé. Après un match de foot, un genou gonflé dans l’heure avec appui difficile évoque une entorse sévère ou un saignement intra-articulaire. À l’inverse, un gonflement diffus en fin de journée, calmé par le repos, fait penser à l’arthrose.
- Douleur localisée côté interne ou externe, parfois en barre devant la rotule
- Chaleur, rougeur, tension à la palpation
- Raideur, perte de flexion, sensation de blocage
- Impression d’instabilité ou de lâchage à la marche
- Fièvre, malaise, fatigue en cas d’infection ou de poussée inflammatoire
Signaux d’alarme justifiant une consultation rapide: douleur très intense, impossibilité d’appuyer, déformation visible, fièvre, genou rouge chaud, plaie profonde ou traumatisme à grande vitesse. Dans ces cas, ne forcez pas la flexion.
Que faire en cas de genou gonflé

Commencez par protéger l’articulation, calmer l’inflammation et préserver la mobilité. Réduire l’effusion précocement aide à éviter l’enraidissement et facilite la récupération. Un genou gonflé a besoin de repos actif, pas d’immobilisation totale prolongée.
Appliquez la méthode GREC dès que possible: Glaçage, Repos, Élévation, Compression. Glacez 15 à 20 minutes, toutes les 2 à 3 heures, pendant les premières 48 heures, sans contact direct avec la peau. Utilisez une bande de compression souple sans bloquer la circulation, et surélevez la jambe au-dessus du cœur.
- Limitez l’appui et les escaliers; si besoin, utilisez des béquilles
- Privilégiez le paracétamol pour la douleur; demandez conseil avant anti-inflammatoires
- Évitez la chaleur et les massages profonds au début
- Mobilisez doucement la cheville et le genou sans douleur pour éviter la raideur
Consultez sous 24 à 48 heures si la douleur persiste, si la flexion reste très limitée ou si vous avez déjà eu des entorses. Avis urgent si fièvre, genou rouge et très chaud, ou impossibilité d’appui.
Traitements médicaux
Le médecin examine la stabilité, recherche un blocage et peut prescrire imagerie: radiographie, échographie, voire IRM en cas de suspicion de lésion ligamentaire ou méniscale. Un traitement précoce limite les complications et l’enraidissement à long terme.
Selon le diagnostic, plusieurs options existent: anti-inflammatoires sur courte période, ponction pour soulager un gros épanchement, infiltration cortisonée lors de poussée d’arthrose, antibiothérapie si infection, attelle temporaire pour calmer la douleur. La chirurgie est envisagée en cas de lésion importante du ménisque ou du LCA, après avis spécialisé.
Conseil d’expert kiné: reprenez tôt des mobilisations indolores et un renforcement progressif. L’objectif est de retrouver une extension complète rapidement, puis de récupérer la flexion sans forcer sur l’inflammation.
Exercices de rééducation
Dès que la douleur décroît, bouger de manière ciblée améliore la circulation et réduit l’œdème. Commencez doucement, arrêtez si la douleur augmente ou si le genou re-gonfle après l’exercice.
- Quad-sets: assis jambe tendue, contractez la cuisse 5 secondes, relâchez. 2 séries de 10, 2 fois par jour
- Glissés du talon: allongé, faites glisser le talon vers les fessiers pour plier, puis revenez. 2 séries de 10
- Élévations de jambe tendue: allongé, levez la jambe 20 cm sans douleur. 2 séries de 10
- Pompes de cheville: flexion-extension de la cheville pour activer le retour veineux
Progression pratique: quand la marche redevient fluide, passez aux mini-squats à faible amplitude, step-ups sur une marche basse, équilibre sur un pied. Si le genou gonflé réapparaît après la séance, réduisez l’intensité et augmentez le repos.
Témoignage: Marie, 34 ans, a repris en 10 jours une flexion quasi complète après entorse légère grâce à la glace, à la compression, à des quad-sets quotidiens et à des step-ups progressifs.
Prévention et conseils
Un programme intelligent réduit le risque de récidive et protège l’articulation. Visez un équilibre entre force, mobilité, coordination et charge d’entraînement. Adaptez votre activité aux sensations du jour, surtout après une longue période d’inactivité.
Échauffement dynamique de 10 minutes, puis renforcement ciblé des quadriceps, ischios et fessiers, et travail de proprioception. Terminez par des étirements doux des ischios-jambiers et du mollet. Une bonne technique de saut et de réception réduit les contraintes sur le genou.